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Un collectif de plusieurs associations s'est mobilisé le samedi 9 juin pour attirer l'attention des autorités sur le désastre sanitaire qui touche la Martinique avec l’arrivée massive des algues Sargasses sur les cotes, où elles pourrissent en dégageant des gaz dangereux pour la santé. Entre le prix de l’essence qui n’arrête pas de grimper, l’empoisonnement au Chlordécone, la pollution aux particules fines, les Martiniquais ont des raisons d’exprimer  de la colère. Mais les manifestants pacifiques de ce samedi n’ont fait que jeter des sacs de Sargasses au dessus des grilles de la préfecture, siège du représentant de l’Etat. On est loin des opérations coup de poing des agriculteurs de Bretagne, ou de ceux des Deux-Sèvres qui ont déversé du lisier à la préfecture. Pourtant ces quelques citoyens martiniquais mobilisés ont eu à subir gaz lacrymogène et violences policières. Les journalistes n’ont pas été épargnés, visés directement. De quoi faire monter la colère.

 

Anicia Berton est une militante contre les injustices. Cette femme donne beaucoup de son temps pour mener les combats que nous délaissons par résignation, je-m'en-foutisme, ou lâcheté. La violence des policiers vis-à-vis d'elle lors de la manifestation du samedi 9 juin devant la Préfecture, est inadmissible. Déjà lors de la manifestation contre le convoi ALBIOMA dans le Port de Fort-de-France le 26 août 2016, cette femme avait été la cible des hommes en uniforme. Comme si une femme courageuse fait l'effet d'un chiffon rouge pour les autorités policières. Nous lui devons notre solidarité à cette Martiniquaise digne des résistantes de l'histoire de la plantation. Elle a été bloquée par Facebook, pourtant elle ne prône pas la violence. Elle met simplement, courageusement, les mots sur nos maux. On peut ne pas partager ses combats, elle a droit au respect.

Aucune femme, aucun homme qui manifeste, ce qui est un droit constitutionnel, ne doit être traité avec une telle violence, ne doit être ainsi humilié, dans un Etat de droit. Et plus grave, par un représentant des forces de " l'ordre" ! Ce policier a-t-il des enfants, a-t-il une femme ? Sa violence vis à-vis de ces deux femmes, Anicia Berton et une journaliste de « France-Antilles »en reportage, est condamnable, inquiétante... A moins qu'on cherche à faire exploser le pays, faute de nous éliminer à coup d'empoisonnements ! Nous publions le témoignage d'Anicia Berton, qui circule sur WhatsApp  mais aussi parce que personne n’a le droit de se taire quand la démocratie vacille. Et les signes d’une dérive autocratique nous menace bien en France.

Témoignage d'Anicia Berton, victime de violences policières lors de la manifestation du samedi 9 juin, devant la Préfecture

Un collectif de plusieurs associations s'est mobilisé pour attirer l'attention des autorités compétentes sur les problèmes qu'engendre la SARGASSE et le coût cher de L'ESSENCE en Martinique.

Nous étions environs 70 (Hommes, femmes, enfants , personnes âgées ) à vouloir essayer de changer les choses car nous ne comprenons pas l'immobilisme de l'état français à nôtre encontre depuis 2013 au problème de la SARGASSE et encore moins l'augmentation aussi importante de l'essence deux fois moins cher dans la caraïbe .

Nous avions décidé de partager la souffrance et la déshumanisation que nous vivons au quotidien à cause de l'odeur pestilentielle , les dégâts sanitaires et matériels que cause la SARGASSE au préfet de Martinique,  SI I BON BA NOU , I BON BA YO OSI !!!

C'est d'un pas déterminé que nous nous sommes dirigés vers la préfecture.

NOUS ÉTIONS VENUS PACIFIQUEMENT, SANS ARMES, SANS VIOLENCE, SANS INSULTES, PARTAGER NOTRE MÉCONTENTEMENT .

Après le discours de certains militants, nous avons balancé les sacs de SARGASSE dans la préfecture .

Deux de nos jeunes ont enjambé le grillage pour récupérer les cabas, ils ont été encerclés aussitôt par les forces de l'ordre ( ou du désordre vu leur réaction disproportionnée ) .

Ils se sont rendus sans AUCUNE RÉSISTANCE levant les deux mains afin de se rendre aux autorités , calmement .

Voyant que nos deux militants se sont fait arrêter,  nous avons couru vers les barrières Vauban pour non seulement éviter qu'ils se fassent molester (nous connaissons les comportements de certains policiers zélés ) et qu'ils ne soient emmenés au poste .

Tout militant qui se respecte , se doit de protéger les siens envers et contre tous surtout que leur seul délit n'a été que d'enjamber un grillage d'une préfecture qui était ouverte du côté de la rue de la police nationale obstruée par des barrières et des policiers .

Donc, nous avons enlevé ces barrières pour porter secours à nos militants, quand des policiers zélés ont commencé à nous bousculer avec leur matraque. Sans riposter violemment, nous leur avons demandé de relâcher nos deux amis.

À partir de ce moment, je vous parlerai de ce que j'ai subit et vu.

J'étais devant un de ces policiers à lui demander de relâcher ces deux jeunes qui n'ont fait qu'enjamber un grillage. Celui-ci a commencé à me pousser VIOLEMMENT, en me disant «  dégagez ! » Une première fois, sans insulte, sans réponse à son agression physique, je lui demande d'arrêter de me pousser, une deuxième fois puis je repousse ses mains. Vous auriez vu la rage et la haine de ce policier, MARTINIQUAIS comme nous-mêmes, vous-même, vous seriez inquiétés du sort de ces deux hommes.

Je repoussais ses mains quand un autre de ses collègues s'est mit à me matraquer avec rage pendant que je reculais. J'avais bien compris à ce moment là qu'aucune discussion n'était possible face à des policiers enragés.

En reculant à cause de la violence extrême de ces force de " l'ordre " , le caméraman de Martinique première qui lui aussi reculait à cause des agressions qu'il subissait , est tombé sur moi et m'a déstabilisé . 

Je suis tombée brutalement sur le sol et aussitôt par terre, j'ai senti une main m'attraper par les cheveux (locks ) me trainant sur quelques centimètres et la voix haineuse du policier me disant, « yo diw dégajé ! »   

Je n'avais aucune possibilité de me lever puisqu'il me tirait avec force jusqu'à ce qu'une militante ne vienne le déranger dans son agression.

Au moment même où j'essaie de me lever, je reçois du gaz lacrymogène qu'un autre de ces policiers enragés a vaporisé sur le caméraman (avec sa grosse caméra) alors que j'étais juste par terre  derrière lui, en plein visage.

J'essaie, tout de même de me lever, aveuglée par le gaz lacrymo et au même moment je sens encore quelqu'un me reprendre par les cheveux et me traine encore avec une telle violence que je sens la douleur de la peau de mon crâne s'étirer, j'ai juste l'impression qu'il va m'arracher les cheveux .

J'étouffe sous le gaz, je me sens impuissante, je n'ai pas prise et ne peux me défendre, déstabilisée par la puissance et la pression dont ce policier MARTINIQUAIS comme nous-mêmes  faisait en me tirant de la sorte.

Tout le monde a été gazé , hommes , femmes , enfants personnes âgées venus manifestés PACIFIQUEMENT POUR UNE CAUSE QUI NOUS CONCERNE TOUS .

Quand j'ai pu me lever, mes yeux me brulaient, j'avais du mal à respirer mais ma colère m'a aidé à surmonter mes douleurs quand je vis le visage de mon agresseur, nègre comme moi-même.

Un autre d'entre-deux vint devant moi avec sa matraque, en visionnant le reportage de Martinique première, je vis que c'était le même qui avait agressé la journaliste et le caméraman qui se sont présentés (entendu pendant mon agression) et, en colère à cause de leur réaction disproportionnée, je lui fis face en lui disant qu'il se sentait fort d'agresser une femme sans défense et des MARTINIQUAIS qui se battaient pour une cause juste qui le concernait et concernait sa propre famille aussi. Il me repoussa VIOLEMMENT toujours avec sa matraque.

À l'heure où nous parlons de violence faites aux femmes où ces policiers sont en charge de protéger celles- ci contre les coups portés par leur conjoint.

À l'heure où CEUX-CI nous bassines 24h avec leur discours moralisateur afin que nous n'utilisions pas la violence envers eux et envers nous-mêmes. Nous voyons bien qu'ils ne pratiquent pas ce qu'ils prêchent.

Ne nous étonnons pas que certaines arrestations se finissent mal, ne soyons pas étonnés quand certains rendent les coups reçus . Ne nous étonnons pas quand notre jeunesse n'a plus confiance en cette police, quand CERTAINS, JE DIS BIEN CERTAINS POLICIERS ZÉLÉS SE PERMETTENT DE TELLES COMPORTEMENTS SURTOUT DEVANT DES MILITANTS PACIFIQUES.

Je n'en disconviens pas qu'ils sont payés pour faire leur travail, que leur salaire doit être justifié, mais de là à prendre leur pied à violenter avec agressivité, matraquer, porter des coups de poings, gazer des personnes pacifiques, C'EST MINABLE, ABJECTE, DÉNUÉ DE TOUTE HUMANITÉ .

Ces hommes sont entraînés à se maîtriser ou à maîtriser l'individu, agressif ou pas en face d'eux. Ce comportement crapuleux n'était pas justifié.

Nos amis ont été libérés, vu la réaction de certains énergumènes, nous étions plus que déterminés à aller plus loin si ils les avaient gardés, puisque nous n'avions plus rien à perdre à cause de la façon dont nous avions été traités, nous n'avions pas été respectés, donc nous ne devions aucun respect à nos agresseurs.

Les choses se sont bien terminées mais pas grâce à eux et surtout, dans cette agression sans nom faite par des MARTINIQUAIS contre des MARTINIQUAIS  ma chaine m'a été arrachée ( cadeau de ma mère ) et récupérée par l'un d'entre eux, non restituée jusqu'à présent .

Cette affaire n'en restera pas là car, mon avocat m'a conseillée de déposer une plainte !!!

NOUS ÉTIONS VENUS PACIFIQUEMENT...

PS : si mon témoignage se retrouve sur fb, j'ai été bloquée sur fb pour 30 jours à cause de mes prises de positions sur la « profitation », l'hypocrisie, et le monopole de le caste béké en Martinique qui détiennent 95 % des richesses et surtout refusent d'entendre parler de la réparation des victimes de la traite négrière et de leurs descendants.

 

Le reportage diffusé par Martinique 1ère, dont le Journaliste Reporter d'Images a lui aussi été agressé par le même policier, témoigne de cette insupportable violence polcière :

https://www.facebook.com/martiniquela1ere/videos/2171501672866914/UzpfST...

 

 

 

 

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