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Actualité

La formation professionnelle des Martiniquaises et Martiniquais, était bien le cadet des soucis des élus du PPM et alliés, comme le démontre ce nouveau scandale l’EPA-AM2P à l’ex Conseil Régional. Cet établissement chargé de la formation, que ces élus ont créé et dont la présidence a été confiée à Daniel Robin, a été abandonné en rase campagne. Son président a déserté le lieu depuis décembre 2015 et le directeur qu'il a lui même nommé, Laurent-Xavier GRIMA, le cherche désespérément. Sans réponse du président de l'EPA et sans salaire, le directeur a confié ses intérêts à un avocat qui réclame à la CTM les salaires et des indemnités pour son client. Daniel Robin prêche beaucoup l’amour dans sa paroisse. Un de ses prêches qui fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, pourrait bien être baptisé « l’amour au temps des bwabwas. »

L’élu PPM Daniel Robin, qui prêche l’amour de Jésus dans sa paroisse, (Daniel Robin le nouveau Jésus en Martinique by bondamanjak | bondaman jak | Free Listening on SoundCloud) avait déjà démontré son amour pour ses propres intérêts en 2014 dans l'afffaire de la SAS Expay, entreprise prestataire de services en ligne et spécialiste du micro-paiement en espèces sur Internet, qu'il dirigeait et qui est passée de Start-Up à Start-Down.

Cette Start-Up avait suscité un vif débat à l’ex Conseil Régional où en séance plénière, en février 2011, l’opposition avait dénoncé un conflit d’intérêt quand Serge Letchimy a voulu faire voter par l’Assemblée, une subvention de co-fiancement Pro-Feder de 635 648 €, au profit d’Expay. Le président du Conseil Régional a été obligé de demander à son 2ème vice président et aussi président de la commission formation professionnelle de régulariser sa situation, avant d'ajourner le dossier.

Directeur Général d’EXPAY, Daniel Robin a donc vendu ses parts à Manuel Baudoin. 3.492 actions pour un montant de 148.759,20 €.  Le document de Cession de Droit daté du 15 juin 2011 a été remis aux services de l’institution régionale. La cession ayant été effectuée, le dossier est revenu devant l'Assemblée qui a voté la subvention de 635 648 €. 

Expay n'existe plus, les jeunes martiniquais diplômés, qui avaient cru en cette aventure innovante, sont allés pointer à Pôle Emploi. 

De Start-Up à Start-Down en Région Martinique | Free Pawol

Le Campus Caraïbéen des Arts que l’élu présidait n’a pas été décoré pour sa gestion, bien au contraire. Le compte administratif 2014 en déficit et le budget 2015 voté en déséquilibre, ont conduit le Préfet à saisir la Chambre régionale des Comptes, qui a confirmé le mauvais état financier de l’école d’arts.

Elu politique et multi dirigeant d'entreprises

A 55 ans l’élu qui était 2ème vice-président de l’ex Conseil Régional est un multi dirigeant d’entreprises (plus d’une dizaine) soit en qualité de gérant ou président de Conseil d’Administration, dans plusieurs domaines (Automobiles, Société de Holding, Cinéma, électricité etc...)

Il a été président jusqu’en avril dernier de la « S.A économie mixte locale Énergie Martinique », qui a pour pour Directeur Général Marwane BEJGANE. Parmi les administrateurs de cette société immatriculée au registre du commerce le 14-08-2013, on trouve la Société ALBIOMA, celle qui porte le projet très contesté Biomasse « Galion 2 » dont l’ex Conseil Régional est l’initiateur. ALBIOMA est propriétaire des centrales photovoltaïques de Sainte-Marie et du Robert.

Le bilan 2015 de la  S.A Économie mixte locale Énergie Martinique,  qui a porté le projet Biomasse Galion 2, vient d’être connu. Là encore les chiffres parlent d’eux-même. ( Document en bas de page.)

La « S.A économie mixte locale Énergie Martinique » préside le Conseil d’Administration de la SAS « Géothermie de Martinique » créée le 07-01-2014 et dont Daniel Robin est aussi le président.

On le retrouve à la tête de la SAS « BIOMASSE DE MARTINIQUE » immatriculée au registre du commerce le 07-10-2014, ayant pour activité l’ingénierie et les études techniques. Il en est le président et le Directeur Général est Marwane BEJGANE, lui aussi multi dirigeant d’entreprises.

Un autre scandale éclate autour de la formation professionnelle

Comment s’étonner des résultats financiers catastrophiques des organismes de formation laissés par le 2ème vice président et président de la formation professionnelle de l’ex Région, quand il cumule tant de mandats (au moins une dizaine) de dirigeant d'entreprises ?  

L’AFPA (Association Formation Professionnelle Adultes) dont l’élue à la CTM, Francine Carius (MIM) vient de prendre la présidence du Conseil d’Administration, à la suite de Catherine Conconne, présente un déficit important qui menace son avenir. L’Association dont les salariés n’ont pas été payés pendant plusieurs mois, risque la liquidation judiciaire. Pourtant dans le « France-Antilles » du 21 décembre 2015, Daniel Robin estimait « avoir assuré. »

Ce nouveau scandale concernant l’ex Conseil Régional qui abandonne en rase campagne l’EPA-AM2P, un établissement chargé de la formation dont Daniel Robin était le Président, démontre une fois de plus que contrairement aux messages optimistes affichés par l’équipe perdante, le recul de la Martinique était bien avancé.

Récemment, le Président de l’Exécutif de la CTM, Alfred Marie-Jeanne, avait lu en séance publique un courrier le menaçant de poursuites. Un courrier d'une entreprise qui n’a pas été payée par l’ex Conseil Régional. Une autre menace de poursuites pénales plane encore, elle provient d’un avocat agissant au nom du directeur de l’EPA, Laurent-Xavier GRIMA, qui depuis décembre 2015 n’a pas reçu de salaires.

L'avocat de celui qui avait d’abord été choisi par la Région comme consultant sur le projet de création de cette structure, avant d'en devenir le Directeur Général, réclame par le biais de son défenseur, ses salaires et dénonce une forme de harcèlement moral. 

La Collectivité Territoriale de Martinique, nouvellement élue, semble connaître le quotidien de la Présidente de l’Université des Antilles, qui de courriers en courriers n’arrête pas de découvrir les méfaits du CEREGMIA résultant des détournements de fonds européens. On pourrait résumer l’objet de ces courriers en un mot : « Remboursez ! » 

A la CTM les courriers racontent presque la même histoire et ils pourraient se résumer aussi en un mot « Payez ! » 

L’avocat du Directeur de l'EPA rappelle les faits correspondant à l’embauche de son client et à sa situation actuelle :

« Par délibération n°15-650-3 du 26 mars 2015, l’Assemblée Plénière du Conseil Régional de Martinique a décidé la création d’un établissement public à caractère administratif dans le cadre du déploiement de l’habilitation en matière d’orientation et de formation et d’emploi. 

Par délibération n°15-650-3 du 26 mars 2015, l’Assemblé Plénière du Conseil Régional de Martinique a procédé à la désignation des membres du Conseil d’Administration de l’EPA. 

Par délibération n°15-1959-1 du 30 octobre 2015, et en sa qualité de membre du Conseil d’Administration de l’EPA, l’Assemblée Plénière du Conseil Régional de Martinique a désigné Monsieur Laurent-Xavier GRIMA en qualité de Directeur Général de l’EPA en matière d’Orientation de Formation et d’Emploi (OFE).

Conformément à l’article 7 des statuts de l’EPA, son Conseil d’Administration a également délibéré en ce sens par délibération n°2015-04-1 du 3 novembre 2015

Enfin, par contrat conclu le 3 novembre 2015 entre Monsieur le Président de l’EPA et Monsieur GRIMA, ce dernier s’est vu confier les fonctions de Directeur Général de l’EPA pour une durée de 14 mois à compter du 1er décembre 2015.

Suite à cette prise de fonctions, et conformément aux dispositions de la loi 2011-884 du 27 juillet 2011 relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique, les instances régionale et départementale ont fusionné pour former la Collectivité Territoriale de Martinique.

De toute évidence, cette nouvelle collectivité à décidé de ne pas poursuivre la mise en place de l’EPA puisque lorsque le 21 décembre 2015, mon client s’est rendu au siège de l’AGEFA abritant l’EPA dans l’attente de l’entrée dans ses propres locaux prévue au premier semestre 2016, ce dernier était fermé pour les fêtes de fin d’année et n’a ouvert que le 4 janvier.

Par ailleurs, les personnels devant être transférés à l’EPA au 1er janvier 2016 ne l’ont pas été.

Monsieur GRIMA s’est ainsi officiellement retrouvé Directeur d’un établissement fantôme sans personnel, sans locaux et sans budget.

Il a fait part de ces éléments au Président du conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique par courrier recommandé avec accusé réception en date du 14 janvier 2016.

Cette lettre est malheureusement restée sans réponse.

De sorte que Monsieur GRIMA est aujourd’hui Directeur d’un Etablissement qui ne fonctionne pas mais dont la suppression n’a pour autant jamais été prononcée.

Au-delà, Monsieur grima n’a jamais perçu son salaire et s’est purement et simplement vu ôter tous les moyens matériels nécessaires à la réalisation de ses missions.

Animé par un sens certain du devoir, il a été contraint d’exercer ses missions depuis son domicile personnel et à ses propres frais.

Cette situation inacceptable a poussé mon client dans un état de détresse tant matérielle que psychologique… »

 

La réaction du porte-parole de la CTM, Daniel Marie-Sainte

Interrogé sur cette affaire, le porte-parole de la CTM rappelle que concernant cette affaire, il a eu à intervenir en séance plénière de l’ex Conseil Régional où il siégeait sur les bancs de l’opposition et il nous a communiqué son intervention :

Séance Plénière de l’Assemblée Régionale du 17 novembre 2015

Intervention de Daniel Marie-Sainte à propos de la désignation du directeur général de l’EPA

Monsieur le président,

Le rapporteur dans la conclusion de son rapport affirme, je cite :

« Les membres de la Commission Education, Formation Professionnelle, réunis en séance du 14 octobre 2015, ont émis un avis favorable, quant à la désignation de Monsieur Laurent-Xavier GRIMA, en qualité de Directeur général de l’EPA OFE. »  (Fin de citations)

Sur les 7 membres qui composent cette commission, nous n’étions que deux présents, le président de la commission et moi !

J’ai explicitement dit que je ne pouvais approuver ce choix.

Je venais d’entendre la confirmation de ce choix par le président, quelques minutes auparavant, à l’occasion de la 3ème  du Conseil d’Administration, qui s’est tenue juste avant la réunion de la commission EFP, et qui plus est, en présence de celui qui avait déjà été choisi pour le poste de directeur général.

Je suis resté interloqué.

Ne pouvant  décemment pas formuler mon sentiment en présence de l’intéressé, j’ai du attendre son départ et le déroulement de la réunion de la commission sectorielle pour faire savoir que je ne soutenais pas ce choix dès lors que j’avais appris qu’il y avait eu au moins 5 candidats martiniquais qui avaient déposé un dossier de candidature pour occuper le poste !

Rappelons les faits :  le 26 mars dernier,  vous avez décidé d’externaliser toute la gestion du secteur de la formation professionnelle qui était, depuis la création du conseil régional, en 1983, assurée en interne par un service régional.

Vous  avez créé un EPA (Établissement Public à caractère Administratif) qui se substituera au service du Conseil régional pour la gestion des 50 Millions d’euros consacrés, chaque année, à la formation professionnelle et à l’apprentissage.

Vous avez désigné votre 2ème vice-président  pour présider l’EPA, en votre nom.

Pour élaborer le projet un cabinet-conseil, venant de France, aurait été "choisi " au terme d’une procédure non transparente à laquelle ni la commission sectorielle, ni la Commission d’Appels d’Offres, ni même la Commission Permanente n’ont été associées !

Le rôle de cet AMO (Assistant à Maitrise d’Ouvrage) extérieur à la Région consistait à accompagner, moyennant honoraires, le président dans le montage de l’EPA.

La nouvelle structure devrait, en principe, reprendre le personnel régional attaché au secteur de la formation professionnelle et de l’apprentissage ainsi que le personnel de l’AGEFMA (organisme satellite, créé en 1997, dans le cadre du contrat de Plan Etat-Région).

La dérive a, alors, commencé :

   Au terme d’une procédure non transparente dont nous n’avions pas été informés, il a été procédé au recrutement d’un directeur général.

   Ce n’est qu’à postériori que j’ai reçu un rapport par mail, (le 13 octobre 2015, à 19h41), la veille de la réunion de la commission de FP durant laquelle il nous était demandé d’exprimer un avis sur le recrutement du candidat déjà choisi !

   J’ai alors découvert une décision qui frise la provocation et qui est assimilable à un scandale politique !

   Un jury composé de deux élus de votre groupe, désignés de façon obscure, aurait auditionné cinq candidats et en a retenu un.

   Le hic est que celui qui a été retenu n’est autre que le consultant venant de France, salarié du cabinet qui avait été commandité par le président pour élaborer le projet de l’EPA !

   Bien informé du projet qu’il a lui même conçu, il s’est mué en candidat pour rafler le poste !

   Tous les candidats martiniquais ont été recalés au profit de ce candidat récemment arrivé de France !

Cette décision révèle  la duplicité politique, vous avez toujours prétendu agir pour que les cadres martiniquais puissent « vivre et travailler au Pays », vous éliminez des cadres martiniquais compétents  au profit de quelqu’un que vous aviez fait venir au départ pour une prestation précise.

Plus grave encore, cette affaire nous paraît  assimilable à « un délit d’initié » qui favorise le candidat–ex-consultant retenu qui est celui qui connaissait déjà le projet d’établissement qu’il a lui-même conçu !

Aussi, Monsieur le président de Région, au nom des combats que nous menons de longue date pour que le martiniquais puisse « vivre et travailler au Pays », si tel est son souhait, nous refusons d’approuver le choix de directeur général que vous voulez nous imposer.

Le 17 novembre 2015.

Daniel MARIE-SAINTE

Chef du groupes des élus Patriotes Martiniquais et Sympathisants

 

 

L'avocat a adressé son courrier à l'AGEFMA,  présidée par Daniel Marie-Sainte et joint en copie les lettres adressées au Président du Conseil Exécutif de la CTM, Alfred Marie-Jeanne, et au Président de l'EPA, Daniel Robin.

 

 

 

 

 

Cette nouvelle affaire contraint les élus de la Collectivité Territoriale de Martinique, qui ont trouvé un déficit de 88 millions d’euros en cadeau d’accueil, à gérer les insuffisances de leurs prédécesseurs et elle risque bien de finir devant les tribunaux. L’avocat de Laurent-Xavier GRIMA  a précisé qu’il a transmis son courrier au Préfet et au Parquet.

Lisa David

 

 

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