Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Caraïbes

Le Mardi Gras 2016 de Fort-de-France a été aussi réussi que celui de l'an passé. Si le Gran Chawa avec en vedette le groupe haïtien "Tabou Combo" a eu le succès auquel on pouvait s'attendre, les nombreux groupes à pied de musiciens amateurs ou professionnels avec tambours, bombes ti-bwa et soufflants, ont tout autant déchaîné les vidés dans la capitale, qui explosait de joie et de couleurs. 

Dans un festival de couleurs les carnavaliers ont dansé, chanté, lâché les mots interdits que libèrent ces jours de liesse populaire tout en outrances et débordements. On a donc entendu « Chantal a sucé… », vu l’original Julien Barbe tirant un cercueil avec sur un support des photos d’enterrés ou de politiques souhaités recelés dans les tombes de l’oubli.

L’invasion des Sargasses que Chantal Maignan avait été chargée de gérer, et qui pollue les plages du pays et la vie des populations impactées, n’a pas été oublié.

Le militant anti-colonialiste Daniel Boukman a lui affiché l'épidémie du Chikungunia qui touche le pays et aussi le scandale de détournements de fonds européens (entre 10 et 14 millions) du CREREGMIA, laboratoire de recherche de l'ex Université des Antilles et de la Guyane (UAG). Scandale qui défraie la chronique depuis plus de deux ans et pour lequel l'ancien directeur Fred Célimène, son adjiont Kinvi Logossah, un ancien président de l'Université, Pascal Saffache et 5 autres protagonistes de cette affaire, sont mis en examen et placé sous contrôle judicaire.

Une liberté que n'ont toujours pas trouvé les concepteurs du Vaval foyalais, très laid, qui cette fois encore reste un inconnu. Les vidés se sont chargés de mettre l'actualité politique dans la rue. 

Il y a aussi eu, comme d’habitudes les fesses exposées, surtout par des hommes. Mais puisque le Carnaval permet tous les excès, pourquoi s’en priver pendant ces quelques jours ? C’est aussi pour certains l’occasion de s’affirmer, dans cette société où sous un voile d’hypocrisie, l’homosexualité est rejetée.

Les chansons malélivé, souvent mysogines, sans lesquelles il n’y a pas de carnaval populaire martiniquais, n’ont pas manqué.

Le mardi gras 2016 fut un très beau jour de carnaval à Fort-de-France. Les Martiniquais qui ont aimé le compa avant l’explosion du zouk, gardent intact la passion pour la musique haïtienne et « Tabou Combo », en petite composition, a su faire danser et chanter des milliers de jeunes et moins jeunes qui suivaient son char.

Dommage qu’il y ait eu la polémique née de la place réservée à nos artistes locaux, mais nos musiciens d’où qu’ils viennent, sont chez eux dans notre Caraïbe. Kassav a enflammé la foule en 2015, souhaitons que l’année prochaine, nos artistes martiniquais en grande composition, aient leur place au Carnaval 2017.

Lisa David

 

 

 

 

Site de presse en ligne
ISSN 2726-0100

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Dans la même rubrique...

Serge Ménil qui n'est pas connu pour être un syndicaliste excessif dans ses propos, dit aujourd'hui les quatre vérités concernant ces fonctionnaires qui sont envoyés, tels des éléphants malades, mo

Steve Gadet découvre Haïti. Un premier voyage au pays de Toussaint Louverture, héros de la révolution anti esclavagiste (1791-1802).

Les autorités sanitaires ont indiqué que la maladie transmise par les moustiques, le chikungunya, a échappé à tout contrôle, ce qui affecte la population dans les 17 circonscriptions de l'île.

Pages

« 245 246 247 248 249 »

Articles récents

Un vent de scandale souffle sur l’Université Antilles Guyane depuis que le rapport 2012 de la Cour des Comptes,  consacré à la gestion de l’UAG sur la période 2005-2010,  a été connu.

Pages

« < 244 245 246 247 248 »