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Maître Raphaël Constant, ne cache pas qu'il est un avocat militant. Il le précise. Dans les salles d'audience ou en dehors, il est connu pour sa liberté de parole. Ce communiqué qu'il publie aujourd'hui face au déferlement de violence que le préfet a ordonné contre les jeunes militants anti-chlordécone, le démontre une fois de plus. Il met le Procureur de la République, René Gaudeul, face à son rôle, face à la mission réelle de la justice dans notre pays. Le Procureur n'a pas attendu qu'il y ait une enquête pour affirmer devant les médias que Kesiah, ce jeune qui a été frappé violemment par des gendarmes qui l'ont traité de "sale négro" a frappé des gendarmes. Ces gendarmes qui ont pris soin de laver tres rapidement la large flaque de sang coulé de la blessure à la tête du jeune Martiniquais. Blessé Késiah a été sorti de l'hopital deux soirs de suite, pour dormir dans des conditions indignes au commissariat et poursuivre la garde à vue de 48 heures. Entré chez lui hier, après avoir été mis en examen pour des violences contre les forces de l'ordre, il a été hospitalisé ce lundi midi en urgence, son état devenant inquiétant.

Communiqué de Maître Raphaël Constant - Avocat et militant

 

M. le Procureur feint de laisser croire qu’il fait normalement son travail. Il défend ses policiers et ses militaires.

Qu’ils frappent, qu’ils blessent, peu importe, ils ont raison…

Si demain, il y a des morts (car il devient manifeste que cela soit le but pour faire encore plus peur, conformément à l’histoire coloniale de ce pays), cela ne sera que de « l’usage strictement nécessaire de la force légitime » !

Les images du 16 juillet montrent un tambour saisi. Image hélas familière et conforme à l’histoire (la connaissent-ils d’ailleurs, cette histoire, ces policiers, gendarmes et autres fonctionnaires de police ?).

L’ordre racisé et colonial n‘aime le son du tambour que s’il est militaire. Celui des anciens esclaves évoque trop la liberté pour être supportable aux ouïes de nos oppresseurs.
Les images montrent les forces dites de l’ordre qui, à plusieurs, frappent un homme à terre, quitte à le faire saigner abondamment. On voit même un de ses policiers et militaires essayant de nettoyer le sang à terre !

Image banale d’un ordre injuste !

Et le Procureur commente sur les médias sans dire que celui qui est au sol avait déjà échappé aux arrestations de novembre… Hasard ?

Ah dit-il, mais le jeune avait frappé avant. Serait-ce vrai, est ce la loi du talion qui prévaut chez les militaires français ?

M. le Procureur va de procès en procès. Il tient l’horloge et la trique judiciaires. C’est lui qui décide.

Il pense faire peur à ceux qui combattent son système. Il se leurre mais il a bonne conscience.

M. le Procureur est un homme de presse. On le voit y vanter ses enquêtes.

On le voit sur le terrain, accompagné du ou accompagnant le préfet, le M. Ananas (quelle belle illustration du mépris de ces hommes pour notre peuple) de la rue Victor Sévère. 

M. le Procureur veut montrer qu’il combat la délinquance. Que celle-ci augmente, que la violence se déchaine.

Qu’il y ait de plus en plus de morts par balles en Martinique, M. le Procureur est « droit dans ses bottes ». Il défend son ordre et cela lui suffit.

Récemment, il a donné une interview concernant l’audience « annulée » des jeunes de l’affaire Océanis. Il exploite les failles apparues au sein de la défense.

Il est de bonne guerre d’exploiter les faiblesses des adversaires, surtout quand ceux-ci ont la bêtise de tendre des perches pour se faire battre.

Mais à la fin, M. le Procureur fait un aveu qui démontre tout son sens de la justice. A la question de savoir s’il va reconvoquer ces jeunes devant un tribunal, il répond que cela dépendra de leur attitude…

Entre les lignes, c’est clair. Vous arrêtez d’embêter GBH et de mettre en cause mon ordre racisé et colonial, je passe l’éponge. Sinon, la matraque judiciaire frappera.

Dans quelques mois, M. le Procureur quittera la Martinique. Il ira en un autre lieu défendre un ordre (peut-être) républicain.

Il laissera ici une odeur de rafles, de coups et de sang. Il laissera aussi une délinquance de droit commun débridée et violente.

Il a perdu en faisant croire qu’il était neutre ou objectif. Il a perdu sur son traitement du 13 janvier 2020.

Il n’a gagné qu’une chose : les magasins de GBH sont pour le moment à nouveau tranquilles. Bernard peut dire merci !

M. le Procureur a rempli son office.

R. CONSTANT

Avocat et Militant

 

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