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La table ronde organisée hier mercredi 24 février à l’ancien Conseil Régional de Martinique a  commencé dans une ambiance tendue, les pompiers et personnels administratifs du SDIS constatant que les élus, en tout cas certains comme Justin Pamphile, voulaient les faire tourner en rond. Mais heureusement pour la Martinique, d’autres ont su voir l’intérêt général et les mauvais payeurs devront s’engager à payer leur dette. Il est vrai que les pompiers, en grève depuis le 11 février, ont démontré leur détermination. La profession s’est rajeunie et tous ces jeunes étaient aussi volontaires pour leur combat syndical, qu’ils le sont pour sauver nos vies.

Alors qu’ils attendaient un début de solution pour redresser la mauvaise situation financière du SDIS, provoquée par le non versement par certaines municipalités de leur dotation obligatoire, les pompiers n’ont pas accepté que les discussions tournent autour des comptes d’épicier de certains élus.

Exemple Justin Pamphile, le maire qui s’occupe de ses trottoirs, qui voulait qu’on lui explique pourquoi il doit payer autant que telle autre commune qui a plus d’habitants.  Les pompiers qui étaient nombreux dans la salle pour se faire entendre et encore plus nombreux dans la rue, sont ressortis avec un protocole d’accord dans lequel  les communes qui ont abandonné la sécurité des citoyens, s’engagent à remettre un échéancier de paiement sous 15 jours. Sont concernées : Basse-Pointe, Carbet, Diamant, Fort-de-France, Gros-Morne, Lorrain, Macouba, Prêcheur, Saint-Pierre et Trinité.

Les pompiers espèrent maintenant obtenir un nouveau soutien financier de la CTM, (Collectivité Territoriale de Martinique) qui a déjà fait un effort conséquent de 18 millions d’euros. Une somme qui permettra presque, un fonctionnement normal. Mais déjà au bord de la faillite, le Service Départemental de Secours et d’Incendie (SDIS) a besoin, rien que pour les réparations des véhicules en panne, de plus d'un million et demi d' euros.

Pourquoi avoir agi si tard ?

Beaucoup s’interrogent encore sur le moment choisi par les pompiers pour passer à l’action, compte tenu de l’état de délabrement de leurs casernes, dont seulement deux sont aux normes anti-sismiques et du manque d’ambulances et de camions en état de rouler. Les représentants syndicaux sont soupçonnés de préférence politique les ayant poussée à agir juste après les élections, remportées par l’actuelle majorité « Gran Sanblé Pou Ba Péyi-a an chans. »  

Si les manœuvres politiques ou syndicales ne sont jamais absentes, on peut aussi se demander pourquoi les maires ont attendu cette mobilisation pour prendre conscience du manque de sécurité réelle de la population.

Quel maire a entrepris dans sa commune d’organiser pour ses administrés, des formations aux gestes qui sauvent à accomplir en cas de séisme ou tsunami ?

Où sont les terrains laissés libres pour qu’en cas d’écroulement de bâtiments, les habitants puissent s’y réfugier et installer des tentes pour survivre ? Sur chaque carré de terre les maires autorisent des constructions.

D’ailleurs cherchez combien de parcs, ou jardins d’enfants, existent dans les communes martiniquaises. Espaces qui pourraient être utilisés pour s’éloigner d’immeubles dont très peu répondent aux normes anti-sismiques.

Pourquoi autant de casernes de pompier sont-elles installées en bord de mer ? Qu’on ne nous réponde pas qu’il manque de foncier. Est-il normal que certains puissent avoir des milliers d’hectares en friche pendant que la sécurité du plus grand nombre est menacée ?

Les maires ne peuvent-ils pas avoir la volonté politique de refuser les constructions de tant d’immeubles privés en défiscalisation, qui seront loués à des prix hors de porté des revenus de la majorité de la population martiniquaise ?

En écoutant hier le chef de l’édilité du Lorrain, Justin Pamphile, qui décidément ne manque pas une occasion de se faire remarquer et siffler, on s’interroge sur la prise de conscience de leurs responsabilités, par certains maires.

En écoutant aussi de nombreux jeunes pompiers, on ne peut que se réjouir qu’ils se sentent libres aujourd’hui de dire leurs maux et qu’ils trouvent un lieu où poser leur espoir.

Ce lieu est aujourd’hui la nouvelle CTM, qui parions le, saura prouver comme elle l’a déjà fait lors de sa récente rencontre avec les maires, qu’au nom de l’intérêt général, pas de place pour les petits croche-pieds politiques.

 

Lisa David

 

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