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La vidéo fait déjà le buzz sur les réseaux sociaux. Aucune violence pratiquée dans l’espace public ne peut plus être cachée, depuis que les téléphones portables permettent de filmer. Un agent de la SNCF a tenté sans succès d’empêcher un témoin de de filmer la scène. Le CRAN a saisi le secrétaire d’État chargé des transports, Alain Vidalies, pour lui demander des explications, rappelant au ministres des propos étonnants qu'il avait tenus trois jours après l'agression du Thalys, pour justifier les contrôles au faciès, au micro de Jean-Pierre Elkabbach :  « Chaque fois qu'on parle de fouilles aléatoires, il y a quelqu'un qui dit 'ça risque d'être discriminatoire'. Moi je préfère qu'on discrimine effectivement pour être efficaces plutôt que de rester spectateurs. »

Communiqué de presse : Violences à la SNCF

Paris, le 20 septembre 2016

 

La vidéo intégrale de l'agression d’Ermont Eaubonne (encore dans le val d’Oise) du jeudi 8 septembre dernier à 22h08 (comme le précise l’auteur) vient d'être diffusée sur Youtube.

https://www.facebook.com/chris.pany.77/videos/vb.100007786326164/1801724676763726/?type=2&theater.

            On y voit des agents de sécurité de la SNCF en train de malmener, cogner et brutaliser un jeune homme noir. « Tout cela pour un ticket de métro », comme le dit en voix off un des témoins, écœuré par la scène.

            Dans un premier temps, le CRAN avait préféré s'abstenir. En effet, la vidéo initiale ne faisait que dix secondes, et ne permettait guère d'avoir une vision claire du contexte général. Mais cette seconde vidéo, qui dure maintenant plus de deux minutes, permet de prendre la mesure des faits, et de la violence déployée.

            La force utilisée de manière disproportionnée, ce n'est plus seulement le fait des policiers. Maintenant, les gendarmes s'y mettent, comme le montre l'affaire Adama Traoré, et même les agents de la SNCF, dont les prérogatives sont pourtant limitées par le droit. Le CRAN s'interroge à cette occasion, d'autant qu'une polémique, il y a quelques années, avait suggéré que les agents de sécurité de la SNCF se recrutaient souvent parmi les milices d'extrême droite. On peut se demander à bon droit si cet excès de violence sur un jeune homme noir n'est pas lié à ce phénomène.

            Par ailleurs, sur la vidéo, on voit les agents qui, comprenant soudain ce que leur attitude a de problématique, cherchent à interdire aux témoins de filmer la scène. « A cette occasion, je tiens à rappeler au public que, en vertu de la circulaire du 23 décembre 2008* ci après http://www.montpellier-journal.fr/fichiers/circulairephotospolice.pdf, ''les policiers ne peuvent s’opposer à l'enregistrement de leur image'', a déclaré Ghyslain Vedeux, administrateur du CRAN chargé des relations police-citoyens, ce qui est encore plus vrai pour les agents de sécurité de la SNCF. « Ceux qui cherchaient à interdire ces images étaient donc soit dans l'ignorance, soit dans le mensonge. Cela prouve aussi qu'ils n'étaient plus très fiers de leurs actes, qui sont évidemment répréhensibles », a ajouté Ghyslain Vedeux.

            C'est pourquoi le CRAN a saisi en ce jour le secrétaire d’État chargé des transports, Alain Vidalies, pour lui demander des explications. Ce sera d'ailleurs l'occasion de lui rappeler les propos qu'il avait tenus trois jours après l'agression du Thalys, pour justifier les contrôles au faciès. "Chaque fois qu'on parle de fouilles aléatoires, il y a quelqu'un qui dit 'ça risque d'être discriminatoire'. Moi je préfère qu'on discrimine effectivement pour être efficaces plutôt que de rester spectateurs", avait-il déclaré au micro de Jean-Pierre Elkabbach.

            « Par ailleurs, le CRAN a également saisi le Défenseur des droits, dont l'action concerne non seulement les forces de l'ordre, mais tous les services de sécurité publique ou privée. Les clients qui n'ont pas payé leur ticket doivent être verbalisés, et non pas violentés. Au vu de ces images, nous estimons que ces agents doivent être sévèrement sanctionnés », a conclu Louis-Georges Tin.

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