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C’était Samedi 25 avril à Fort-de-France, le rassemblement conduit par Jean-Philippe Nilor, désigné tête de liste, pour aller conquérir la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique) s’est présenté à la population à travers une conférence de presse diffusée aussi sur le Net. Une de plus peuvent murmurer certains puisque pas moins de six candidats se sont déjà fait connaître. Baptisée « A2PN », (Ansanm Pou Péyi-Nou), le nouveau rassemblement a aussi présenté son logo qui a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociauxMais on peut supposer que ce sont les programmes des différentes listes qui motiveront les votes. 

Celles et ceux qui s’attendaient à découvrir de nouvelles têtes ont pu être déçus, même si la politique a peu l’habitude de partager le pouding du pouvoir. A la table principale entre Jean-Philippe et Marcellin Nadeau, les co-présidents du mouvement Péyi-a, était assis le très connu Claude Lise, actuellement Président de l’Assemblée de la CTM. Sur les tables situées à leur gauche et à leur droite, les chefs de file des mouvements et partis alliés pour remporter l’élection du 21 et 27 juin prochain (initialement prévue en mars 2021) : 

Aurélie NELLA, maire de Ducos, Péyi-a - Franck SAINTE-ROSE ROSEMOND, Conseiller municipal de Schœlcher, Les Ateliers Schloecherois - Manuela MONDESIR KÉKLAR, Député, Nouvelles Alternatives Citoyennes - Hugues TOUSSAY, Maire du Diamant, Rassemblement Démocratique de Martinique (RDM) - Georges CLÉON, Maire du Vauclin, Majorité municipale vauclinoise.

 

Tania TOUSAINT, Mouvement Citoyen Martiniquais - Thierry RENARD, Insoumis Martinique -Nathalie JOS, conseillère municipale de Fort-de-France, Martinique citoyenne - Marcel TELCIDE du groupe IEMO (Informer Éduquer Mobiliser Organiser) formé d’anciens militants historiques du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) - Samuel TAVERNIER, maire du François, Initiatives franciscaines.

 

Une animatrice de l’événement a présenté le logo : « La carte de la Martinique notre île, vous avez également un toit qui forme avec l’ensemble une maison, chez nous, Kay-Nou, notre maison où on se sent bien et en sécurité. A2PN, Ansanm Pou Péyi-nou et le mouvement qui monte, qui tend à nous emmener vers le haut, l’élévation et les voutes. »

Référence à la voute sacrée de la franc-maçonnerie ajoutée par les « Frères-la-gratouille », comme les moquait François Mitterrand ?

L’absence des couleurs, rouge vert ou noir n’est pas passée inaperçue, d’autant que Péyi-a qui arbore les couleurs du drapeau martiniquais est à l’initiative de ce rassemblement pour aller conquérir la CTM. Le logo a animé la page d'une membre de Peyi-a, les couleurs du drapeau martiniquais ayant manifestement gagné le coeur d'un nombre grandissant de Martiniquais.

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Les couleurs du logo n’ont été évoquées par aucun représentants des différents mouvements qui ont l’imagine ont participé à ce choix. Elles et ils ont expliqué le sens de leur adhésion à ce mouvement pour tenter de remporter les élections territoriales, puis Claude Lise, patron du RDM est venu au pupitre, confirmer qu’il ne sera pas candidat.

L’ancien parlementaire, ex-Président du Conseil Général, Président de l’Assemblée de la CTM a parlé d’un acte fort pour lui, d’une « transition intergénérationnelle ». Faisant le constat que « le principe de la transmission devrait sembler naturel, mais en politique et pas seulement chez nous, la transmission a du mal à s’opérer entre membre d’une même formation politique, alors quand elle concerne comme c’est le cas, deux hommes politiques appartenant à des partis différents, on peut comprendre que cela puisse susciter étonnement, voire questionnement. » 

Le Président de l’Assemblée qui n’a pas eu son mot à dire concernant les décisions prises pendant cette mandature à la CTM, Alfred Marie-Jeanne ayant confisqué tous les pouvoirs, a expliqué son engagement aux côtés de ce mouvement :

« C’est avant tout la conscience aigüe de la nécessité d’un profond changement pour faire face aux différentes crises que traverse la Martinique et qui ont été évoquées par les différents intervenants. Crise économique, sociale, environnementale, démographique, politique et j’ajoute morale, avec en plus une terrible crise de défiance à l’égard de la classe politique. Ce profond changement concerne évidemment la gouvernance de la CTM. Dans leur grande majorité, nos compatriotes ont en effet compris que c’est le mode d’exercice du pouvoir qui a été mis en œuvre, tout comme le mode de gestion, le mode d’organisation et les conceptions archaïques en matière de politique de développement, que c’est tout cela qui a abouti au véritable gâchi que nous déplorons tous, alors que la liste de 2015 avait suscité tant d’espoirs. C’est pourquoi, plus que jamais, nos compatriotes veulent que nous leur donnions des signes forts de changement de pratique politique. C’est ce qui m’a déterminé à résister à toutes les pressions que j’ai subies, pour m’amener à conduire une liste RDM ou de rassemblement autour du RDM, où à venir en bonne position sur une liste plus ou moins proche politiquement. Ce qui m’a paru indispensable c’est d’abord d’œuvrer à la recherche d’un rassemblement qui puisse être perçu comme une alternative à la gouvernance actuelle de la CTM. Mais une alternative offrant des garanties contre les dérives auxquelles on a assisté depuis cinq ans et demi dans la gestion de cette collectivité... »

Marcellin Nadeau dit le projet commun

 

Le maire du Prêcheur et co-président de Péyi-a, Marcellin Nadeau, ne s’est pas attardé sur le passé mais s’il s’est quand même interrogé sur le fonctionnement de l’actuel CTM, avant de présenter le projet proposé au peuple qui ira voter les 20 et 21 juin prochains.

« À l’heure du bilan nécessaire de cette mandature, comment imaginer que dans une collectivité de plus de quatre milles salariés, cinq ans après son installation, il n’ait pas été possible de mettre en place un organigramme clair et précis et que jusqu’à présent la validation de certains dossiers du quotidien de certains dossiers dépend de la présence et parfois même du bon vouloir d’un président du Conseil Exécutif et de quelques élus. Cette conception ultra pyramidale de l’exercice du pouvoir n’est pas la norme, en tant qu’elle déresponsabilise les agents et les cadres de la Collectivité et inhibe leur énergie, occulte leurs compétences, leur talent et ralentit considérablement l’application de décision des élus. Il n’est pas tolérable que tant de dossiers d’aides sociales, de logements, de bourses, de formation ou de subventions, subissent autant de retard, mettant en difficulté leurs bénéficiaires légitimes.

Comment accepter que l’action publique ne soit jamais évaluée objectivement, “Sé 80%, 90% nou fè !” qui peut le croire ? Évaluer objectivement pour mesurer l’ampleur des pertes notamment pour le territoire en termes d’activité économique, d’emploi et de déclin social. 

L’évaluation des politiques publiques constituera donc pour nous, une priorité. Elle sera facilitée par la mise en place d’outils nécessaires à une véritable participation citoyenne. Il s’agit notamment d’instaurer des consultations régulières sur les décisions prises, d’encourager les initiatives citoyennes et d’expérimenter le budget participatif, ainsi que d’autres outils permettant de renforcer une véritable relation entre les citoyennes et citoyens et leur Collectivité.

La CTM doit relancer l’investissement public et je pense notamment au secteur du bâtiment, au re-bâtiment viable. Elle se doit également de prioriser l’emploi des Martiniquaises et Martiniquais, de mieux accompagner et respecter les acteurs économiques, culturels et sportifs et de bien valoriser notre patrimoine naturel et culturel. De mieux anticiper les risques majeurs et de s’attaquer de façon résolue à la précarité et aux discriminations qui frappent nos concitoyennes et concitoyens, notamment parmi les plus vulnérables.

Notre programme accorde la priorité de traitement de six urgences : 

 1 - L’urgence alimentaire et sanitaire.

 2 - L’urgence climatique, l’urgence liée à la transition écologique, au ménagement, aménagement de notre territoire et aux risques majeurs. 

3 – L’urgence de l’attractivité et de la démographie.

4 – L’urgence de la cohérence sociale et de la solidarité pour s’attaquer de façon résolue aux inégalités catégories sociales, entre hommes et femmes, entre territoires.

5 – L’urgence de l’Éducation, de la Culture et de l’Identité.

6 – L’urgence démocratique et citoyenne.

Ces urgences devront être traitées par une équipe qui allie expérience, regard neuf et pratiques rénovées. Tous ensemble, nous nous engageons à promouvoir durant cette nouvelle mandature, une Collectivité dont la mission du quotidien sera de préparer vigoureusement la Martinique aux grands défis de l’avenir, en accompagnant plus efficacement les projets des entreprises et des associations. Une Collectivité qui, grâce à une volonté politique particulièrement affirmée dans les domaines de l’action sociale, de l’appui aux acteurs de terrain, de la protection de l’enfance et des actions d’insertion réelle, travaillera résolument à juguler la violence qui menace et qui risque de s’amplifier dangereusement, si on ne s’implique pas à prendre des bonnes orientations, dès maintenant, dépi atchelman.

Une collectivité qui travaillera à améliorer l’impact de notre commande publique sur l’économie du pays. Elle le fera en obtenant des résultats mesurables, sur lesquelles elle communiquera s’agissant de la réduction et du respect des délais de paiement des entreprises, actuellement, il faut le dire, particulièrement insupportables.

Une collectivité dont l’une des préoccupations majeures sera d’inclure pleinement notre jeunesse et d’associer celle-ci à la construction d’une Martinique plus ouverte, innovante, dynamique, notamment par la création du Conseil territorial de la jeunesse et une politique de renforcement de l’offre des formations au sein du pôle formation de l’Université des Antilles, dont nous rejetons toute idée de scission.

Une Collectivité qui prendra en compte la nécessaire solidarité territoriale, notamment dans le cadre de dispositifs pilotes, novateurs, pour rééquilibrer l’offre de services et d’infrastructure sur toute la Martinique, particulièrement en faveur du Nord.

Une Collectivité qui s’engagera également en faveur d’une véritable transition écologique et énergétique, ce qui constitue à la fois un enjeu environnemental majeur et une formidable opportunité économique et sociétale. Les enjeux écologiques sont une des principales préoccupations du peuple martiniquais. Ils sont au cœur du débat public et constituent le principal vecteur des dernières mobilisations citoyennes dans notre pays. La mobilisation populaire face au scandale de la Chlordécone en est une illustration s’il en faut. Dès lors, l’écologie politique doit inspirer fortement la transformation, en profondeur, de nos rapports à l’activité économique, à l’espace et à l’équité sociale.

Une Collectivité qui activera tous leviers propres à favoriser le développement de nouvelles filières et activités pour l’avènement d’un nouveau modèle d’agriculture à la fois saine et nourricière.  

Une collectivité qui prendra en compte les contraintes qui mettent actuellement en danger la survie de la pêche en Martinique, et conduira aux changements structurels nécessaires pour le développement de ce secteur économique, dans la plus étroite concertation avec ses acteurs, je veux parler bien sur de nos marins-pêcheurs et de leurs organisations représentatives.

Une collectivité qui prendra à bras le corps la question des risques majeurs, et à ce titre l’impératif de l’adaptation des infrastructures et du développement d’une indispensable culture du risque chez les citoyennes et les citoyens, de toutes les générations. Dans ce cadre, nous nous appuierons sur les importantes compétences techniques et diplomatiques qui sont celles de la CTM, pour intensifier la coopération régionale en matière de gestion et de prévention des risques naturels avec nos frères caribéens.

Une Collectivité qui aura à cœur de mettre en valeur notre territoire, notre patrimoine et, d’une manière générale, nos problématiques spécifiques, pour en faire des atouts pour le développement de filières innovantes, comme le sport-santé et l’orientation vers un tourisme durable et authentique, faisant une place particulière au tourisme du 3ème âge.

Une Collectivité qui impulsera en chef de file une véritable dynamique de collaboration incluant une coopération active avec l’État, avec les parlementaires, avec les partenaires institutionnels - tout particulièrement les communautés d’agglomération - et associant la population via une démarche participative et d’évaluation permanente des politiques publiques.

Une collectivité faisant d’un fonctionnement résolument démocratique un levier de mise en œuvre de politiques publiques plus performantes et plus conformes aux attentes réelles des citoyens et des forces vives de notre société. Ainsi, la participation, a minima, du Président de l’Assemblée aux travaux du Conseil Exécutif sera l’une des manifestations concrètes de cette gouvernance démocratique et collaborative.

Une Collectivité décidée à conforter et à approfondir les liens qui nous unissent aux peuples frères de Guadeloupe, de Guyane et de la Caraïbe.

Une collectivité ayant plus largement à cœur de permettre à la Martinique de tirer le meilleur parti possible de sa double appartenance à l’espace caribéen et américain, d’une part, aux ensembles français et européen, d’autre part.

Une Collectivité qui misera sur la jeunesse et sur l’expérience, sur les savoir- faire et les savoir-être, sur la culture et les talents, sur toutes les différences qui enrichissent notre peuple solidaire.

Annou konstwi ansanm, sé lespri-tala Matinik bizwen

 

Tête de liste Jean-Philippe Nilor a eu droit à une standing ovation avant de conclure la présenation de Ansanm Pou Péyi-Nou

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Jean-Philippe Nilor a eu droit à une standing ovation avant de conclure la présenation de Ansanm Pou Péyi-Nou.

La tête de liste a d’abord tenu à souligner que dans les mots des précédents intervenants il n’y avait eu « aucun dénigrement, piès dékatché moun, aucun mépris. Il s’agit de notre marque de fabrique, de cette autre manière de faire de la politique. Puis il a rendu hommage à Claude Lise, 

« En l’écoutant, il m’est venu une citation : « Dans la vie les épreuves ne sont jamais destinées à te briser. Cette citation, je la fais mienne et je voudrais qu’elle soit partagée par un maximum de nos compatriotes. Parce que c’est une citation qui fait appel à la résilience, une caractéristique du peuple martiniquais et c’est un message d’espoir ba toutt moun, notamment les jeunes martiniquais, notamment toutt moun ka viv ans difikiltés, toutt moun ki dékourajé, et il y en a beaucoup dans notre pays. Dans la vie les épreuves ne sont jamais destinées à te briser, mais à te rendre plus fort. On doit être malheureusement blessé pour grandir, on doit perdre pour gagner, les plus importantes choses de la vie, on les apprend dans la douleur. Tout cela pour planter le décor. Le décor d’une Martinique qui malgré les difficultés, malgré les obstacles, ne cesse d’espérer. On se demande d’ailleurs où nos compatriotes trouvent la puissance d’espérer. Aimé Césaire disait « Je refuse de désespérer parce que désespérer c’est refuser la vie. Il faut garder la foi. » Ça vé di pa bisoin vréyé ti-manmay lékol, plis par rété, la vie, pas bisoin formé, sa vé di ba bisoin ankré kow adan an identité, an culture, pis par rété la vie. Lè pa rété la vie, par rété amitié, pa rété fraternité, pa rété konfians, sé bèf douvan bwè dlo klè, sé débouya pa péché. Lè pa rété la vie, ça autorise toutes les dérives morales. Ou ka alé chèché an moun ki kouché lopital, ou ka débranchéy, ou ka rédiy. En Martinique. C’est bien dans cette société que nous vivons, aujourd’hui. Pass ni trop moun ka konsidéré pa rété espwa, pa rété la vie. » 

Le Député candidat a voulu inciter à l’espoir, à l’espoir aussi d’une autre conception de la politique. Il a remercié les différents mouvements et partis qui lui font confiance pour conduire cette équipe Ansanm Pou Péyi-Nou.  

« C’est un honneur mais aussi un défi. Un défi que nous sommes capable de relever ensemble. Parce qu’il est inscrit désormais dans notre ADN à tous qu’ensemble on est plus fort que seul. Aucun parti, aucun mouvement ne peut gagner tout seul. Et même s’il le pouvait, serait-ce souhaitable ? Lè ou genyen tou sel, sé là ou ka fè lintérésan anlè moun ! La victoire solitaire entraine l’exercice solitaire du pouvoir,qui entraine une dérive autocratique. Normal, c’est presque humain. Mais aussi parce que l’exercice solitaire du pouvoir pénalise les porteurs de projets. Si ni cinquante dossiers et que dix moun ka signéy, sa ka alé pli vitt ki cinquante dossiers « pi an sel moun ka signé. Le pouvoir pyramidal, tel que nous le dénonçons, pénalise toutes les personnes en difficulté, toutes celles avec des projets, des dossiers de création d’entreprise. L’aide parvient des fois au moment où le porteur du projet est déjà prêt à mettre la clé sous la porte. C’est ça la réalité de la Collectivité Territoriale de Martinique.

Il faut vite sortir de cette ornière où un seul parti, ou un seul homme détient la vérité envers et contre tous, envers et contre tout. C’est une vision réductrice qui appauvrit, qui exclue, qui interdit de profiter de l’apport précieux de l’intelligence collective martiniquaise. Voilà encore la valeur suprême sur laquelle nous nous appuyons, l’intelligence collective. 

Jean-Philippe Nilor ne pouvait éviter de parler de cette union faite avec la Droite de Yan Monplaisir où dans une bagarre sans nom, les mariés, les filles et garçons d’honneur se cassent la gueule depuis le milieu de la mandature :

« Après six ans d’un immense espoir, un immense suscité en 2015, par une première réunion de toutes les intelligences, toutes les compétences martiniquaises, j’assume le choix que j’ai fait à ce moment bien précis, force est de constater que la meilleure des batailles a donné lieu à des batailles amères. L’image que nous avons donné de la politique a été, il faut bien le dire, pitoyable. Pour des militants de la responsabilité martiniquaise, de davantage de pouvoir, de davantage de compétence, de davantage de confiance en nous-même, cette image s’est sérieusement dégradée. Au point qu’aujourd’hui, c’est le Préfet qui est l’arbitre suprême. Des élus martiniquais se réfèrent prioritairement au Préfet pour essayer de régler ou d’apaiser des conflits entre élus martiniquais. C’est dire que plutôt qu’avancer, nous avons reculer. Malheureusement, c’est le constat que nous devons faire de manière objective.

Aujourd’hui, ceux qui vivent la précarité au quotidien, celles et ceux qui n’arrivent même pas à obtenir l’accès à leur droit, nos jeunes, nos étudiants, nos stagiaires de la formation professionnelle, nos actifs, nos ainés, nos personnes en situation de handicap, ont besoin de cette synergie de toutes les intelligences, de toutes les compétences. Du débat nait une meilleure compréhension des choix et une plus large adhésion populaire aux politiques publiques.

Ce qui nous sépare en réalité, en dehors des vieilles querelles, presqu’anachroniques, ce sont surtout des égos démesurés, il faut bien le dire. Des hommes politiques brillants dans l’absolu, des grands tribuns, préfèrent qu’une décision ne soit pas prise même si elle est bonne pour le pays, s’ils ne sont pas à l’origine de cette décision. Et c’est triste pour la Martinique. On préfère que les choses ne se fassent pas si elles échappent à notre paternité. Donc nous avons une élite qui adopte des positions destructrices pour le peuple martiniquais. 

Nous préférons nous concentrer sur ce qui nous rassemble, sur des bases claires. Et ce qui nous rassemble c’est de se réunir autour d’un projet. Un projet co-élaboré qui est porté par une vision alternative claire et une méthode rigoureuse et transparente. Au cœur de cette méthode, et cela a été dit, l’évaluation des politiques publiques. On ne peut pas arriver tous les six ans avec des promesses et arriver à la fin de la mandature dire, mwen fè si, mwen fè sa ! Il faut arrêter avec ses manières peu démocratiques et peu transparentes de gérer une collectivité. Il ne s’agit pas pour nous de se rassembler sans principes, pour gagner. Ce n’est pas sans principes pour gagner quel que soit le prix. C’est gagner avec les valeurs, gagner avec élégance, gagner sans renier.

L’idée c’est qu’à travers nos politiques publiques, nous transformons l’essai. Aujourd’hui nous sommes déterminés à moderniser, à démocratiser le fonctionnement de la Collectivité Territoriale de Martinique pour plus d’efficacité au service de tous, sans exclusive.

Nous sommes déterminés à associer en toute transparence tous les groupes politiques, y compris les minoritaires, aux travaux du Conseil Exécutif et de l’Assemblée. Nous faisons une proposition phare, c’est que la présidence de la commission des finances de l’Assemblée, soit confiée à l’opposition, pour que l’opposition puisse exercer pleinement son rôle de contrôle du travail de la majorité, et pour travailler en toute transparence.

Nous sommes déterminés à favoriser une agriculture nourricière en protégeant nos terres des pollutions, du bétonnage, mais aussi à amplifier la recherche sur notre biodiversité, notre pharmacopée. Nous sommes déterminés pour ménager, pas seulement aménager, notre territoire. Parce que nous ka maltrétéy ti bwen trop. Ménager notre territoire, un concept innovant à travers lequel la Martinique pourra devenir un territoire d’excellence, comme le Prêcheur qui est déjà un territoire d’excellence à l’échelle de la Martinique.

Ménager le territoire en relevant les grands défis du climat et se préparer, dès le plus jeune âge, aux risques majeurs.

Nous sommes déterminés pour relancer véritablement l’activité économique par un investissement public qui accompagne mieux les acteurs économiques, mais par un investissement public qui in fine, à l’emploi martiniquais. Avec un principe d’une priorité martiniquaise à l’embauche, à compétence suffisante.

Nous sommes déterminés à nous attaquer à la précarité, aux discriminations qui frappent nos concitoyens par des politiques inclusives, notamment à destination des personnes en situation de handicap. Par la réorganisation des moyens de l’aide médico-sociale, de l’aide aux séniors, aux personnes de handicap et aux personnes bénéficiaires de la protection de l’enfance. Déterminés aussi à accompagner la modernisation des outils d’éducation, à défendre notre identité martiniquaise par un soutien plus marqué et plus respectueux aux acteurs de la culture, qui œuvrent pour la valorisation de notre patrimoine commun. 

Déterminés à restaurer les équilibres de notre territoire en introduisant plus de proximité et j’ai envie de dire, plus d’andidantité. Des services publics, une évaluation systématique et de nouvelles modalités des participations citoyennes. Notre engagement s’inscrit aussi dans le quotidien des Martiniquai, ces urgences qui ont été présentées précédemment, les urgences de l’eau, de l’électricité, du transport, de l’accès au numérique, de l’accès à l’information.

Notre projet visera à réparer réellement, concrètement par des politiques publiques cohérentes et innovantes, la Martinique aux grands défis de l’avenir. Faire en sorte que, comme le disait Frantz Fanon, nous passions de l’état de spectateurs écrasés d’inésensialité, telle que nous sommes aujourd’hui et tel le spectacle que nous avons donné notamment de dans le cadre de cette CTM. Spectateurs écrasés d’inésensialité à des acteurs privilégiés de notre destin. Par l’intelligence collective, par l’expression de la démocratie, par la collégialité des décisions, pas par la violence. Parce que c’est aussi une perspective qui se rapproche dangereusement pour nos compatriotes. 

Mais pour contrer cette perspective de violence, là encore je fais appel à Frantz Fanon, un grand Martiniquais, qui disait : “L’explosion n’aura pas lieu aujourd’hui. Il est trop tôt... ou trop tard. Je n’arrive point armé de vérités décisives. Ma conscience n’est pas traversée de fulgurances essentielles. Cependant, en toute sérénité́, je pense qu’il serait bon que certaines choses soient dites.”

Dire les choses calmement, dénoncer avec détermination, comme pour ce scandale de la supposée prescription du chlordécone. Dénoncer avec détermination, sans lâcher prise, mais sans violence. Et Fanon poursuivait : “Ces choses, je vais les dire, non les crier.”  Mais dire non les crier, pass fo nou arété krié tibwenan péyi tala, fo nou kouté ko nou, fo nou antan ko nou. Et je crois profondément après avoir analysé beaucoup, que ceux qui crient, traduisent davantage une fragilité intérieure. Et ceux qui s’adressent calmement, posément, sont ceux qui ont davantage confiance en eux-mêmes et la capacité d’écoute de leurs interlocuteurs. Ceux qui parlent posément sont ceux qui misent sur l’intelligence collective. Si tu ne veux pas de l’homme qui est en face de toi, comment croirai-je en l’homme qui est en toi ? Il est temp de tourner une page et nous devons le faire ensemble. Le peuple martiniquais a l’opportunité de cette alternative, dès le 20 juin prochain, premier tour… Pa ni dézièm tour. Nou pé fèy ? "

Dans la salle les partisans ont répondu OUI en applaudissant. Ce rassemblement conduit par Jean-Philippe Nilor est le 7ème dans la longue liste des prétendants au trône décidément très convoité, de la Collectivité Territoriale de Martinique.

Lisa David

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